Tomber en panne dans l’Outback, vendre le van et rebondir

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Cela faisait un petit moment que je souhaitais revenir sur ce qu’il s’est passé ces trois derniers mois afin de répondre à certaines questions que vous vous posez sans doute.

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Le grand départ

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Le 26 mars nous quittions Townsville (Queensland), dans le but de traverser la moitié de l’Australie et de rejoindre Alice Springs. Au programme : 2065km. La veille nous avions fait un tour chez le mécano et tout paraissait en ordre. Sachant que nous avions changé le joint de culasse 15 jours avant nous étions confiants.

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La route fût longue, l’horizon à perte de vue. Très très peu de voitures. Les stations essence très éloignées les unes des autres. Chaleur étouffante. Et surtout, beaucoup BEAUCOUP de mouches. Pour vous donner une idée, on mettait un pied hors du van et on se retrouvait avec un cinquantaine de mouches sur nous.

L’avant-dernier jours de voyage, nous passions Three Ways et plongions vers le Sud. Plus qu’une journée et nous étions à Alice Springs. Après avoir parcouru presque 1700km, nous voilà à 100km au sud de Tenant Creek. A 20km de notre free camp pour passer la nuit.

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La panne

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Pour vous donner une idée du décor, c’est le désert australien. Il n’y a rien à perte de vue et quasiment aucune circulation. Il est 17h, le soleil se couche à 18h30. Je roulais à 110km quand j’ai senti la pédale d’accélérateur se durcir sous mon pied. L’aiguille indiquant la vitesse ne faisait que baisser et je ne pouvais plus accélérer. Le van s’est mit à trembler très violemment et le voyant moteur a commencé à clignoter.

Mon coeur s’emballe et je freine pour arrêter le van sur le bord de la route. Tout tremblait d’une violence effrayante, j’ai éteins le moteur et nous avons senti une odeur de brulé. Nous avons commencé à paniquer et avons sorti toutes nos affaires de valeur et nous sommes éloignés du van. Finalement, 10 minutes plus tard, nous décidons d’aller voir de plus près mais ne remarquons rien.

A partir de là les minutes défilent, nous n’avons aucun service sur nos téléphones. Nous sommes envahis par des centaines de mouches. Aucune voiture à l’horizon. Et nous commençons à nous poser des questions. A avoir peur. Mais aussi à avoir les nerfs qui craquent et à envisager toutes les situations possibles.

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Au bout d’une heure, nous apercevons une voiture au loin et lui faisons des signes. La voiture s’arrête et les personnes nous disent que dès qu’ils auront du réseau ils contacteront la police de Tenant Creek. La nuit tombe et nous nous mettons au lit, la boule au ventre en comprenant que personne ne viendrait nous chercher.

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Une lueur d’espoir

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Le lendemain matin, il est 5h30, le soleil se lève et je m’aperçois que je peux contacter les secours avec mon téléphone. Par conséquent, j’appelle les secours et tombe sur la police de Tenant Creek. Ils nous envoient un véhicule qui nous amènera à l’hotel qui se situe à 20km de là où l’on se trouve. L’objectif étant de contacter un mécanicien capable de nous remorquer jusqu’à Tenant Creek. Aux alentours de 11h la police arrive et après 30minutes de route nous arrivons à l’hotel. 2h plus tard la dépanneuse arrive et nous conduit jusqu’au van et nous voila repartis pour 100km en direction de Tenant Creek.

Pour vous la faire simple et rapide, le mécano nous annonce 8000$ de réparations. Il faut changer le moteur. Chose impossible pour nous, d’autant plus que nous en avions eu pour 4000$ de réparation sur le joint de culasse 3 semaines avant. Je vous laisse imaginer notre état d’esprit, nous étions dévastés. Nous avons appelé nos pères respectifs, affolés en leur demandant leurs avis sur ce qu’ils auraient faits à notre place. Après plusieurs heures de discussion nous avons pris la décision de passer quelques jours dans un camping, de vendre le van et quelques unes de nos affaires.

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Vendre le van

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Deux jours après nous avons finalement trouvé un acheteur qui a accepté de prendre le van pour 800$. Il savait que nous étions foutus. Nous ne pouvions pas négocier. C’était une petite ville, tout le monde se connaissait et le mécano lui avait parlé de notre situation. Donc voilà, bien dégoutés de vendre notre van 800$ alors qu’il en valait 18000$. Gros coup au moral puisque cela voulait aussi dire que notre voyage s’arrêtait là et que l’on devait laisser tomber notre projet de rejoindre Perth par le sud de l’Australie. C’était comme abandonner un rêve, on ne verrait rien de ce que l’on rêvait de voir en Australie.

Puis d’autant plus dégoutés car la personne à qui nous avons vendu le van avait pour projet de détruire ce que l’on avait construit car il souhaitait l’utiliser en tant que camionnette de bricoleur. Donc de se dire que tout ce que l’on avait fait, allait être détruit, nous faisait un pincement au coeur.

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Rebondir

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Nous avons vite compris que l’on ne pouvait pas se permettre de perdre notre temps à pleurer et qu’il fallait trouver une solution rapidement. Et c’est là que je suis reconnaissante du fait que l’on soit tous les deux, car sans Etienne j’aurai tout abandonné, et lui sans moi, aurait abandonné aussi. Ainsi, nous avons passé la journée a rechercher du travail. J’avais vu une annonce interessante à Katherine (674km au nord), d’un café qui recherchait du personnel. Je décide donc d’envoyer un mail avec nos CV et une breve explication de notre situation. En fin de journée la patronne nous appelle et nous demande si nous pouvons commencer à travailler 2 jours après. Dans la foulée nous trouvons quelqu’un qui accepte de nous y amener gratuitement puisqu’il avait prévu de faire la route.

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Après 7 heures de route, nous voilà arrivés à Katherine (Northern Territory, à 3h au sud de Darwin). Nous avions décidé de dormir dans un backpacker hostel (auberge de jeunesse). Le mardi nous commencions le travail pour 2 mois dans un petit café à coté des Hot Springs.

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Et maintenant ?

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A l’heure où j’écris, nous sommes à deux semaine du départ. Nous travaillons toujours dans le meme café et dormons toujours dans notre dortoir à l’auberge de jeunesse. Samedi prochain nous finirons le travail, puis dimanche nous prendrons le bus en direction de Darwin où nous passerons nos 3 derniers jours en Australie.

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Pour ma part je n’ai toujours pas digéré tout ce qu’il s’est passé. Je m’imagine encore admirer Uluru et les environs d’Alice Springs. Emprunter la fameuse route du Nullarbor. Camper sur les plages paradisiaques du Western Australia en compagnie des kangourous… J’ai la sensation de quitter l’Australie sur un goût d’inachevé. Et puis il y a aussi le van. Cependant, je ne parle pas là de l’argent, après tout, l’argent ça va ca vient. Mais plutôt du fait que je me sentais vraiment chez moi dans le van. Je me sentais créative, connectée à la nature, calme et apaisée. C’était comme une petite cabane dans laquelle nous nous sentions biens.

Sans parler que ces deux derniers mois ça a été énormément de bas et très peu de hauts. Surtout pour ma part, je n’avais pas envie de sortir de la chambre. Pas envie d’être sociable. Par conséquent, je n’avais pas envie de parler à qui que ce soit, ni même à ma famille. Je me suis renfermée sur moi même et n’ai pas été facile à vivre.

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What’s next ?

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Nous voilà à 14 jours du grand départ. Du départ d’Australie. C’est là que notre année s’achève. Nous nous dirigeons maintenant vers Bali où nous passerons deux mois avant de rentrer en France.

Pour conclure, j’écrirai prochainement un compte rendu sur notre année en Australie car j’aime bien me poser et repenser à tout cela. Ca me permet aussi de rester positive en prenant du recul sur la merveilleuse année que nous avons passé.

Merci à toi si tu es parvenu à lire tout ce monologue ahah, on se retrouve très bientôt.

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Noellie.



1 thought on “Tomber en panne dans l’Outback, vendre le van et rebondir”

  • Super ce que vous avez fait.
    Morale d’acier malgré toutes les embûches.
    Voyage pour toujours dans vos esprits et dans vos coeurs.
    Bravo

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